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Améliorer l’assurance maladie par une autre répartition des richesses.

jeudi 23 octobre 2003, par SOLIDAIRES.


Le gouvernement continue de préparer l’opinion publique à sa réforme de l’assurance-maladie. Sous la pression du MEDEF   et d’une partie de sa majorité parlementaire il accélère maintenant les annonces.

La toile de fond qui nous est constamment présentée est le déficit « abyssal » de la branche maladie.

Pendant que M. Raffarin vante les bienfaits d’un déficit supérieur à 55 milliards d’euros du budget de l’Etat, il s’alarme d’un déficit de 10 milliards d’euros pour l’ensemble de la Sécurité sociale.

L’Union Syndicale G10 Solidaires   continue de dénoncer la façon dont les gouvernements usent et jouent des déficits publics, toujours plus ou moins provoqués, pour ensuite réduire les services publics et les prestations sociales.

Ainsi les 19 milliards d’euros annuels d’exonérations de cotisations patronales pèsent fortement dans le déficit de la Sécurité sociale, alors qu’ils n’ont, par ailleurs, pas eu d’effets bénéfiques sensibles en matière d’emplois.

Les dernières annonces de baisses ou de déremboursements de prestations ou de médicaments ont immédiatement amené les mutuelles à envisager une augmentation d’environ 10% de leurs tarifs : ceux qui auront encore les moyens de cotiser pleinement à leur mutuelle verseront plus ou moins à cette dernière ce qui n’a pas été versé à l’assurance-maladie ; pour les autres ce sera un recul dans l’accès aux soins !

Et déjà le Premier ministre laisse entendre que des discriminations dans les cotisations pourraient être mises en place, en fonction de l’âge, ou de certains risques (pratiques sportives, antécédents héréditaires, etc) : ce serait une atteinte grave à ce qui, justement, fonde une solidarité à l’intérieur d’une population.

Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie récemment installé doit jouer le même rôle que celui tenu par le Conseil d’Orientation des Retraites : ses travaux, complétés par des rencontres médiatisées avec quelques représentants d’organisations syndicales, seront utilisés par le gouvernement pour déclarer avec satisfaction qu’il y a un « diagnostic partagé » sur l ’assurance maladie, et prétendre, en continuant de mentir, qu’il n’y a qu’une réforme possible en mesure de « sauver notre assurance maladie . » Il lui faudra alors convaincre la population que le renforcement des inégalités dans la répartition des richesses(augmentation des profits et des revenus financiers, diminution de la masse salariale et accroissement des précarités) n’est pas négociable.

Et les exigences du Medef   pourront alors être satisfaites : diminution des cotisations patronales, augmentation des cotisations salariales, directement à la sécurité sociale, ou par des versements à des organismes complémentaires (mutuelles et assurances privées) pour ceux qui le pourront.

Déjà les compagnies d’assurances présentent des tarifs attractifs aux personnes qui peuvent leur rapporter beaucoup et leur coûter peu (jeunes cadres, etc).

Comme en matière de retraites l’Union Syndicale-G10 Solidaires   rappelle que le premier débat doit porter sur la répartition des richesses et sur le niveau des salaires. Elle réitère sa proposition de rencontre avec les autres organisations syndicales pour construire ensemble une riposte unitaire sur ces bases et élaborer ensemble une réforme de l’assurance maladie répondant aux besoins sanitaires et sociaux de la population.

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