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Une compagnie aérienne dénonce de graves dysfonctionnements dans l’entreprise de maintenance EAS, à Perpignan

lundi 3 juillet 2017.

Une compagnie de Malte se plaint par courrier auprès de l’Organisme pour la Sécurité de l’Aviation Civile. Elle pointe les « manquements graves » de la société de maintenance aéronautique EAS à Perpignan. Le management est notamment mis en cause. France Bleu Roussillon a eu accès ce courrier.

Voilà un document qui éclaire encore un peu plus sur les difficultés de fonctionnement d’EAS à Perpignan. Il y a quelques jours France Bleu Roussillon révélait que les dirigeants de l’entreprise de maintenance aéronautique étaient visés par une enquête préliminaire pour « harcèlement moral ». Pour rappel le directeur général d’EAS n’est autre que Romain Grau, nouveau député REM des Pyrénées-Orientales.

Cette fois c’est un client d’EAS qui alerte les autorités compétentes. Dans un courrier daté du 20 juin, et que France Bleu Roussillon a pu consulter, une compagnie aérienne basée à Malte dénonce des « manquements graves ». C’est une démarche rarissime.

La compagnie Jet Magic, spécialisée dans les vols privés de luxe, a laissé pour maintenance un Boeing 757 chez EAS en mars dernier. La société maltaise fournit notamment des avions pour des chefs d’Etat africains, la Fondation Clinton aux Etats-Unis, ou des groupes de rock comme U2. Elle exploite six appareils.

 Délais explosés, erreurs de maintenance, employés à bout de nerfs...

Dans cette lettre adressée à l’OSAC, l’Organisme pour la Sécurité de l’Aviation Civile, la compagnie souligne tout d’abord le non-respect des délais de maintenance : « 64 jours ouvrés au lieu des 18 estimés par EAS ». Elle pointe ensuite « le manque de personnel qualifié » au sein de l’entreprise, le manque d’outillage et de pièces de rechange. Et surtout des salariés sous pression, avec « un système managérial imposant aux personnels des conditions peu propices à la bonne fin des opérations de maintenance ».

« Nous sommes arrivés dans une entreprise où tous les employés étaient quasiment à bout de nerfs » confirme Antoine Hayem, l’un des dirigeants de Jet Magic. « La pression humaine était au -delà de l’entendement pour des opérations qui ont trait à la sécurité aérienne ».

Jet Magic s’inquiète aussi « d’erreurs de maintenance », avec certains travaux qui n’ont pas été « effectués selon ce qui était prévu sur les cartes de travail ». Autre problème : « une sécurisation du lieu très improbable, l’entreprise étant ouverte - au sens littéral - à tous les vents ». Selon Jet Magic, une partie de la maintenance du Boeing 757 a été conduite hors hangar, « alors que les procédures Boeing imposent une visite sous hangar ».

La compagnie aérienne annonce à l’OSAC qu’elle saisit son autorité de tutelle à Malte avec un « avis de danger ». « Cette façon de travailler et cette façon de traiter ses employés sont accidentogènes » affirme Antoine Heyem.

 Pressions sur le client ?

Jet Magic évoque aussi des menaces, si les conditions de la maintenance s’ébruitaient : « On nous a expliqué que le dirigeant responsable était député, ami de longue date du Président de la République, que sa femme était magistrate et que l’Aviation Civile Française couvrait tous les agissements d’EAS. » Romain Grau, le directeur général d’EAS, vient d’être élu député des Pyrénées-Orientales. Il était camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA en 2004.

Contacté par téléphone ce jeudi soir, le président d’EAS Philippe Chabalier reconnaît dans un SMS qu’il y a « un litige sur un délai de réalisation » avec Jet Magic. Le dirigeant indique par ailleurs que l’OSAC menait un audit pendant la visite du Boeing 757 et « s’est assuré du respect des procédures ».

Voir en ligne : Article sur France bleu Perpignan

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