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Crise ouverte chez Hop ! déstabilisé par les départs de pilotes vers Air France

lundi 28 août 2017.

La compagnie régionale du groupe Air France est confrontée aux départs massifs de ses pilotes chez Air France, qu’elle n’a pas su ou pas pu anticiper.

Après l’accord Trust avec les pilotes et le lancement de la compagnie à coûts réduits Joon , le prochain gros chantier d’Air France devrait être celui de Hop !. La situation de la filiale régionale du groupe, née en 2015 de la fusion de Brit’Air, Régional et Airlinair et qui transporte quelque 13 millions de passagers, est en effet préoccupante. Tous les voyants sont au rouge !

 Multiplication des retards et annulations

Sur le terrain, les retards et les annulations de vols se sont multipliés cet été, ce qui n’a pas échappé à de nombreux clients. Après la grève des hôtesses et stewards en avril, celle des pilotes six jours en juillet a fortement perturbé l’activité. Le PDG de Hop ! Philippe Micouleau a démissionné, remplacé par la directrice générale, Martine Selezneff, qui va devoir renouer le dialogue dans un contexte compliqué par la compétition syndicale et les querelles intestines entre anciens de Brit’Air et de Régional et au sein même du SNPL  .

 140 pilotes sur le départ

Le principal problème de Hop !, qui explique largement les tentions actuelles et accapare l’attention de la direction, reste néanmoins celui des départs de pilotes pour Air France. En vertu d’un accord de 2014, la compagnie mère s’est engagée à réserver le tiers de ses embauches aux pilotes de Hop !. Résultat, depuis l’annonce de la reprise des recrutements, mi 2016, 450 pilotes de Hop ! sur un effectif total de 900, ont postulé chez Air France, 140 ont réussi la sélection et 44 sont déjà partis, tandis qu’une quarantaine d’autres sont encore en cours de sélection. Au total, 100 à 140 pilotes de Hop ! devraient ainsi partir chez Air France d’ici à 2019, sur un effectif d’environ 850 pilotes, dont 47 d’ici à mars 2018.

 Dix avions cloués au sol faute de pilotes

Un hémorragie insoutenable qui a déjà obligé Hop ! à laisser au sol dix avions en 2016, remplacés pour moitié par de coûteux affrètements. Ces surcoûts, ajoutés aux problèmes d’exploitation, au coût des grèves et à celui des formation des pilotes remplaçants - par le jeu des promotions interne, le départ d’un commandant de bord génère en moyenne quatre qualifications - ont fait plonger Hop ! dans le rouge. Au lieu de l’équilibre prévu, la compagnie s’acheminerait, de source syndicale, vers un perte nette de 50 millions d’euros pour 2017.

 Une flotte passée de 93 à 65 avions

Un chiffre relativement modeste au regard du résultat d’exploitation du groupe Air France-KLM, qui devrait dépasser le milliard d’euros en 2017. Cependant, cette pénurie de pilotes n’est pas près de s’arranger. Avec les futurs départs en retraite, la compagnie régionale aurait besoin de recruter entre 270 et 300 pilotes sur les trois prochaines années, pour maintenir une flotte de 70 appareils en propre...contre 65 actuellement, 76 début 2016 et 93 avant la fusion.

 Pas d’accord avec le SNPL  

Mais pour y parvenir, la direction de Hop ! estime n’avoir d’autre choix que de retarder les départs vers Air France. « Nous ne pouvons pas compromettre le travail des 2.700 salariés de Hop ! pour faire plaisir à 140 pilotes », souligne un proche du dossier. Ce qui passe par un accord avec le syndicat majoritaire SNPL  . Une nouvelle réunion sur ce thème est prévue le 31 août. Mais jusqu’à présent, les représentants du SNPL   et de la direction ne sont même pas parvenus à s’entendre sur la nouvelle convention collective. La compagnie fonctionne, pour l’heure, sur la base d’un arrêté de la Direction générale de l’aviation civile, prolongeant l’accord antérieur, dont la légalité est contestée en justice par le SNPL   et qui arrivera à échéance au 1 er janvier.

 Recours en justice

En cas d’invalidation par la justice, Hop ! pourrait perdre son principal avantage compétitif. A savoir le système dit des « nuits courtes », qui permet à ses pilotes de faire plus de vols dans une journée que leurs collègues d’Air France, avec un temps de repos plus court entre deux vols. Selon le SNPL  , l’éventuelle suppression de cette dérogation à la réglementation du temps de repos nécessiterait 20 % à 30 % de pilotes supplémentaires, pour le même programme. La négociation s’annonce serrée entre les pilotes et la direction. D’autant qu’en cas de tentative de passage en force, le SNPL   n’exclut pas un nouveau préavis de grève.

Voir en ligne : Article sur LesEchos.fr

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