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Les salariés d’Air France réclament leur « part du gâteau »

vendredi 23 février 2018.

Pilotes, hôtesses, stewards et personnels au sol d’Air France ont réclamé jeudi leur « part du gâteau » en manifestant pour une augmentation générale de 6%, lors d’une grève quasi-unitaire qui contraint la direction à annuler la moitié des vols long-courriers.

Devant le siège de la compagnie à Roissy, ils étaient environ 750 à se rassembler à la mi-journée, selon la préfecture, en gilets fluo ou en uniforme, dans le calme et sous une nuée de drapeaux syndicaux, a constaté une journaliste de l’AFP.

Ils ont répondu à l’appel lancé par 11 syndicats de pilotes (SNPL  , Spaf, Alter), d’hôtesses et stewards (SNPNC  , Unsa  -PNC  , Unac  , CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT  , FO et SUD). Tous réclament une augmentation générale des salaires de 6%, quand la direction propose 1%.

La grève inter-catégorielle, inédite « depuis 1993 » d’après FO, a conduit la compagnie à annuler bon nombre de vols.

Air France a prévu d’assurer au total « 75% de son programme ». Dans le détail, 50% des vols long-courrier au départ de Paris sont maintenus, 75% des moyen-courrier au départ et vers Paris Charles-de-Gaulle et 85% des court-courrier. « Des perturbations et des retards » sont également possibles.

La direction estime le taux de grévistes à « 28% ». Selon une source interne, il est de 33% pour les pilotes, 37% pour les PNC   (hôtesses et stewards) et 26% au sol.

« On veut les 6% ! », « rends l’argent », criaient des manifestants à Roissy, tandis que d’autres tenaient des pancartes : « Non aux salaires low cost », « Retour sur l’investissement des salariés » ou encore « Nous voulons notre part du gâteau », une référence au DRH d’Air France, Gilles Gateau.

« Pendant des années, la direction a bloqué nos salaires à cause de la crise », a expliqué à l’AFP Stéphane Pérez, délégué FO au sol. « Aujourd’hui ils ont fait 1,5 milliard de bénéfices et nous proposent juste 1% d’augmentation générale ».

  • Niveau de vie -

Le groupe Air France-KLM a affiché un bénéfice d’exploitation en hausse de 42% pour 2017 à 1,488 milliard d’euros, dont 588 millions pour la partie française.

Pour 2018, la direction a mis sur la table un projet d’accord prévoyant une augmentation générale - la première depuis 2011 - de 1% en deux temps, une revalorisation des indemnités kilométriques et une enveloppe d’augmentations individuelles (primes, promotions, ancienneté...) de 1,4% pour les seuls agents au sol.

Accepté par deux syndicats minoritaires (CFE-CGC et CFDT  ), le texte a été invalidé par une majorité de syndicats, puis mis en œuvre de manière unilatérale par la direction. L’intersyndicale réclame une hausse de 6% des grilles salariales.

« Depuis 2012 on subit un gel des salaires, on réclame juste la possibilité de maintenir notre niveau de vie », a affirmé Vincent Salles (CGT  ).

« Les salariés ont besoin de ce retour, de cette reconnaissance » après les efforts fournis lors des précédents plans de restructuration (baisse d’effectifs, perte de jours de congés, etc.), a estimé mercredi Philippe Evain, président du SNPL   Air France.

Mais pour la direction, une augmentation générale de 6%, chiffrée à 240 millions d’euros, serait « déraisonnable et irréaliste ».

« Si nos résultats se sont améliorés », ils restent « significativement en dessous de ceux de nos compétiteurs », a relevé mercredi le directeur général d’Air France, Franck Terner : « deux fois inférieurs à ceux de Lufthansa, trois fois inférieurs à ceux de British Airways ».

« Pleinement conscient des efforts faits » par le personnel, il a défendu un « équilibre réaliste » entre « une juste rétribution des efforts » et les « investissements » nécessaires.

M. Terner a rappelé que la compagnie avait « pour la première fois depuis 2011 débloqué les grilles » salariales et « surtout négocié un accord d’intéressement » à hauteur de « 130 millions d’euros ». Au total, les 44.200 salariés d’Air France « percevront cette année entre 3 et 4,5% » de plus que l’an dernier, a-t-il affirmé.

L’intersyndicale, qui se réunira vendredi, brandit déjà la menace d’un mouvement plus dur « si la direction s’entête ». Le SNPL  , majoritaire dans les cockpits d’Air France (65% des voix), consulte l’ensemble des pilotes jusqu’au 14 mars pour « recourir, au besoin, à un ou plusieurs arrêts de travail » pouvant dépasser six jours.

Voir en ligne : Arcticle de l’AFP

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