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Air France-KLM : l’Etat n’écarte pas une recapitalisation

vendredi 31 juillet 2020.

Air France-KLM : l’Etat n’écarte pas une recapitalisation
Le groupe a accusé une perte semestrielle de 4,4 milliards d’euros. Le trafic s’est effondré de 62 % par rapport à la même période de 2019.

Par Guy Dutheil Publié le 31/07/2020

Pour Air France-KLM, la présentation des résultats semestriels de la compagnie franco-néerlandaise, jeudi 30 juillet, a illustré l’ampleur du désastre provoqué par la pandémie due au coronavirus. Lors du seul second trimestre de 2020, le groupe dirigé par le Canadien Ben Smith a accusé une perte colossale de 2,6 milliards d’euros. Toutefois, ce recul comprend aussi les coûts liés aux retraits de la flotte des A380 et des A340 d’Air France, soit 592 millions d’euros. Un trou d’air qui n’est pas une véritable surprise. Depuis la mi-mars, l’activité de la compagnie est presque à l’arrêt. Pire, contrairement aux espoirs de la direction, le déconfinement ne s’est pas accompagné d’une véritable reprise du trafic. En juin, l’activité a été de 8 % de la normale.

Confrontée à cette molle reprise, Air France-KLM a indiqué que les compagnies du groupe « augmentent prudemment leur capacité pour les mois d’été ». Il n’empêche, au premier semestre, les comptes ont viré au rouge vif, avec une perte de 4,413 milliards d’euros. La conséquence d’un trafic en chute libre. Il a reculé de 62 % comparé à 2019. Le chiffre d’affaires s’est effondré au second trimestre. Il s’est établi à 1,182 milliard d’euros, en recul de 5,839 milliards d’euros par rapport à 2019.

Face à cette crise sans précédent, Air France-KLM affirme avoir des atouts pour assurer sa survie. « Au 30 juin 2020, le groupe Air France-KLM dispose ainsi de 14,2 milliards d’euros de liquidités ou de lignes de crédit pour faire face à la crise et restructurer son activité », assure la direction. La compagnie franco-néerlandaise a été l’une des premières à bénéficier des aides de l’Etat. Il lui a été promis 4 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat et 3 milliards d’euros de prêts directs par le ministère des finances. Du côté néerlandais, les autorités ont été un peu moins généreuses pour KLM, avec un prêt limité à 3,4 milliards d’euros. Ebranlée par la pandémie, Air France-KLM veut se mettre en ordre de bataille pour passer la crise : « Ce contexte nous pousse à accélérer notre transformation », indique la direction.

Le coût de la crise
En pratique, la compagnie a décidé de tailler dans le vif et d’opérer des coupes claires tant dans ses effectifs que dans ses réseaux. Air France va supprimer près de 7 600 postes d’ici à 2022. Des départs qui se feront sous la forme d’une rupture conventionnelle collective chez les pilotes et les personnels navigants commerciaux et d’un plan de départs volontaires pour les personnels au sol. En outre, la direction n’écarte pas de recourir à des licenciements si les volontaires ne sont pas assez nombreux. Une stratégie qui provoque la colère de certains syndicats, qui s’étonnent que les fonds publics apportés à Air France servent à supprimer des emplois dans la compagnie. La CGT demande d’ailleurs « une recapitalisation et une renationalisation d’Air France ». Interrogé sur CNews vendredi, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a indiqué qu’« Air France pourra compter sur le soutien de l’Etat ». Sa ministre déléguée chargée de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, a été plus explicite sur LCI : « S’il faut monter au capital, on le fera », mais « ce n’est pas le sujet du jour ».

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