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Les ambitions de M. Rossignol, PDG d’Aéris, se heurtent à ses moyens financiers

mercredi 16 avril 2003.

Charles-Henri Rossignol, 33 ans, s’est récemment fait photographier sur le tarmac de l’aéroport de Toulouse à côté de l’un des sept avions portant les couleurs de sa compagnie, Aéris. Les passagers vont devoir se familiariser avec cette jeune compagnie toulousaine, qui ne dispose encore ni de comptoirs de vente, ni de hall d’embarquement dédié, et qui pourtant s’apprête à prendre la relève d’Air Lib pour concurrencer Air France sur les lignes intérieures au départ de Toulouse, Tarbes-Lourdes et Perpignan. Les premiers vols sont annoncés pour le 2 juin. La commercialisation a commencé sur le site Internet d’Aéris, avec des prix d’appel à 29 euros le trajet.

Si le patron de la compagnie qui, sans cravate, affiche un look décontracté, a été accueilli comme un sauveur par les gestionnaires de l’aéroport de Tarbes, sans activité régulière depuis l’arrêt d’Air Lib, il est considéré avec davantage de méfiance dans les milieux aéronautiques et financiers. Les interrogations portent sur la santé financière d’Aéris, qui doit louer deux ou trois nouveaux Boeing et embaucher 200 à 300 personnes pour assurer ses nouvelles liaisons régulières, alors que ses comptes seraient déjà dans le rouge. Les résultats de l’exercice 2002 n’ont toujours pas été officiellement présentés. Ils devraient afficher une perte de 3 millions d’euros. M. Rossignol préfère insister sur la progression de 70 % de son chiffre d’affaires, qui devrait s’établir à 108 millions d’euros. Le jeune PDG annonce une augmentation de capital « entre 5 et 10 millions d’euros » qui doit être bouclée « dans les quarante-cinq jours ».

Officiellement, M. Rossignol est toujours le premier actionnaire privé d’Aéris. Le jeune homme raconte avoir investi 400 000 francs en 1999 (60 980 euros) pour racheter la compagnie aérienne toulousaine avec le concours d’un fonds de pension américain, DSP Partners. Il se présente comme un « associé » de ce fonds de pension pour lequel il a travaillé pendant deux ans aux Etats-Unis, à sa sortie de l’université d’Harvard. De New York à Philadelphie en passant par la Côte ouest, M. Rossignol a fait ses armes en gérant notamment une usine de vis et une autre de composants électroniques du portefeuille de DSP. C’est aussi aux Etats-Unis qu’il a obtenu son brevet de pilote, qui s’est s’ajouté au brevet de commando parachutiste passé en France à l’âge de 17 ans. L’ancien sous-lieutenant de l’armée française devenu capitaine d’industrie a découvert les grandes manœuvres financières en sortant de Polytechnique.

AIR TOULOUSE, « PAR HASARD »

Son diplôme d’ingénieur en poche, il est alors parti se former aux mécanismes des fusions et acquisitions pendant deux ans à Londres, à la banque Morgan Stanley, avant de décrocher une bourse qui lui a permis d’intégrer Harvard. Il affirme s’être intéressé « par hasard », alors qu’il recherchait des opportunités de placements, à la compagnie aérienne, qui s’appelait alors Air Toulouse. Fondée en 1967, elle se contentait d’assurer des vols charters pour le compte de tour-opérateurs comme Fram ou Nouvelles Frontières. Ses Boeing transportent aussi à l’occasion les footballeurs du TFC ou les musiciens de l’Orchestre du Capitole. Les avions n’arborent les nouvelles couleurs d’Aéris - bleu et jaune - que depuis l’arrivée de M. Rossignol, en 2000.

Le jeune homme n’a pas 30 ans quand il s’installe aux commandes de la compagnie. Il se fait très vite remarquer en se posant dès 2001 en candidat au rachat du pôle charter d’AOL-Air Liberté. Il finira par jeter l’éponge pour fusionner plus discrètement avec le petit voyagiste breton Westair, propriété d’Albert Cam. Celui-ci, fondateur des supermarchés Rallye, est désormais actionnaire à hauteur de 20 % d’Aéris par l’entremise de sa holding SBD (Société bretonne de développement) et se déclare prêt à suivre le jeune PDG dans son pari de créer « la première compagnie à bas coûts française » face à l’arrivée des « low cost » anglo-saxonnes Ryanair ou EasyJet.

Stéphane Thépot

Voir en ligne : Le Monde

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